Où manger, boire et dormir à Juan-les-Pins — Le guide SOF

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Où manger, boire et dormir à Juan-les-Pins — Le guide SOF

Juan-les-Pins, c'est la ville-jazz de la Riviera — une station qui fait tenir un siècle de glamour dans quelques pâtés de maisons à l'ombre des pins, et qui sait encore veiller tard. La plupart des visiteurs arrivent en juillet pour le festival, écoutent un concert sous les pins parasols et repartent en croyant avoir compris l'endroit. Ils se trompent. Le Juan que gardent les habitants va d'une baignade matinale au bout du ponton des Belles Rives à un cocktail dans un bar tiki inchangé depuis les années 1950 — ce même rivage où Fitzgerald écrivait et Sidney Bechet jouait, patiné par le temps et vécu chaque jour.

Voici comment SOF le lit.

Le jazz est le socle, pas le souvenir

Juan-les-Pins n'a pas emprunté sa musique ; elle l'a méritée. Jazz à Juan est l'un des plus anciens festivals de jazz d'Europe, et il se tient toujours là où il a toujours eu lieu — dans la Pinède Gould, le bosquet de pins parasols à quelques pas du sable, où la scène se dresse et la mer respire derrière le dernier rang. Quinze jours chaque juillet, toute la ville s'incline vers lui : les programmes s'affichent sur les ardoises des cafés, les terrasses se remplissent entre les concerts, et les pins font l'acoustique. La boutique du festival, la Jazz à Juan — Official Boutique, se trouve sur la Pinède même ; l'affiche annuelle, signée par la tête d'affiche, est le seul souvenir qui mérite d'être rapporté.

On sent la filiation même hors saison. Le Perroquet, l'institution des années 1920 face à la Pinède, est ouvert depuis plus d'un siècle et affiche encore le programme jazz du jour sur son ardoise chaque après-midi de juillet. L'Hôtel Juana, construit en 1931, fut l'adresse de l'âge du jazz à Juan ; son Le Bistrot Terrasse regarde toujours vers les arbres, et le service d'arrière-saison est celui des seuls habitués. C'est une ville qui traite son histoire comme un mobilier — à user, non à exposer.

Le rivage Fitzgerald

La pointe est de Juan, le long du boulevard Édouard Baudoin, est l'endroit où la légende se concentre. L'Hôtel Belles Rives occupe la villa que F. Scott Fitzgerald loua dans les années 1920, et il a passé les décennies suivantes à transformer ce pedigree en quelque chose de vraiment beau, et non simplement vendu. Trois de ses salles valent à elles seules le déplacement.

Le Bar Fitzgerald, c'est le coucher de soleil canonique de Juan — un piano-bar Art déco aux hublots de bronze qui captent la dernière lumière de la baie. Prenez la banquette côté mer vers 19h30 et commandez sans hâte. Dans un autre registre, à l'étage, La Passagère est la table étoilée de l'hôtel, un écrin Art déco au-dessus de l'eau où le service du soir est l'expérience à programmer. Et en contrebas, la Plage Belles Rives, c'est la plage privée et son restaurant, La Plage — transats, bateaux de ski nautique s'élançant du ponton de l'ère Fitzgerald, une table au premier rang si vous la réservez. On peut passer une journée entière sur cette seule propriété sans jamais avoir le sentiment d'avoir rogné quoi que ce soit.

Une belle plage, deux façons de la lire

Le sable de Juan est court et célèbre, et il récompense ceux qui en connaissent les registres. La Plage de la Jetée est une institution de restaurant de plage depuis 1956 ; ses transats sur le ponton sont l'image carte postale de la ville, et l'accès direct à l'eau en est le bonus discret. Réservez une semaine à l'avance en juillet. À l'autre extrémité de l'humeur, Yolo Plage, sur la Promenade du Soleil, est l'opérateur de nouvelle génération — un restaurant de plage privé avec DJ au coucher du soleil et un brunch du dimanche sur les transats, de juin à septembre.

La baignade faite, l'axe diurne de la ville est le boulevard Wilson, à quelques minutes dans les terres. C'est là qu'on assemble le reste de la journée : un pan-bagnat de la Maison Saint Jalme, la boulangerie artisanale dont le sandwich se mange sur un banc de la Pinède, le programme à la main ; le vestiaire balnéaire d'Escales Paris, dont les kaftans et les rayures bretonnes épousent la silhouette d'après-plage ; et, côté Pinède le long de Baudoin, un cornet de Xavier Recroix Artisan Glacier, plus de quarante parfums faits au labo sur place. Demandez le sabayon tunisien — la boule méconnue, la réponse de Juan à un classique provençal.

À la tombée du soir

Peu de villes de cette taille tiennent aussi bien leur vie nocturne. Le Pam Pam est celui que tout le monde évoque quand on dit que Juan veille — un cabaret tiki polynésien du boulevard Wilson, cocktails flambés et spectacle vivant, inchangé dans l'esprit depuis des générations. Arrivez avant 22h30 pour saisir une banquette avant le premier numéro. Pour son pendant contemporain, la Villa Djunah fait jouer deux registres dans une seule villa mauresque du front de mer : un lounge au crépuscule dès 19h30 qui cède la place au club DJ des Djunah Gardens vers 23h. Et reliant le tout, Le Crystal, le bar-glacier du carrefour de la Pinède, ouvre à 08h30 et ferme à 02h30 — le café du matin de Juan, son apéro et sa dernière heure, à une même terrasse d'angle entre les pins.

Une coda plus calme : le Tabac du Tropique — La Civette des Tropiques, sur la Promenade du Soleil, tient un vrai registre de cigares — Cohiba, Montecristo, Punch, Hoyo de Monterrey. Entrez pour un Robusto et un espresso au comptoir ; la terrasse capte l'ombre de fin d'après-midi.

Bon à savoir

  • Y aller — Juan-les-Pins fait partie de la commune d'Antibes ; la gare est à deux pas de la Pinède, et le TER depuis Nice ou Cannes est la façon la plus simple d'arriver. La voiture est plus une gêne qu'une aide au centre.
  • La forme de la journée — Juan se vit d'est en ouest, au fil des heures : le rivage des Belles Rives le matin, la plage et le boulevard Wilson à midi, la Pinède et les bars le soir. Laissez la ville donner le tempo.
  • Réservations — les transats du ponton et les tables des Belles Rives se prennent plusieurs jours à l'avance en juillet, et la quinzaine du festival remplit toute la ville. Appelez tôt, ou venez à l'avant ou l'arrière-saison.
  • Quand venir — mai, juin et septembre sont la fenêtre chaude et sans foule. Juillet, c'est le festival à plein volume — éclatant et dense. Hors saison, la ville revient aux habitants ; c'est une récompense en soi.

Juan-les-Pins récompense le voyageur qui prend le jazz pour fondation et s'attarde au-delà du dernier concert.

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