Où manger, boire et dormir à Golfe-Juan — Le guide SOF

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Où manger, boire et dormir à Golfe-Juan — Le guide SOF

Golfe-Juan est la ville de la Riviera que la plupart des gens traversent en route vers plus tapageur. Cannes est à cinq kilomètres à l'ouest ; Juan-les-Pins commence presque là où Golfe-Juan finit, dans un même ruban de route côtière et de palmiers. Alors on lit le golfe comme un bout de route plutôt que comme un lieu. C'est l'erreur. Golfe-Juan est un port de travail — bateaux de pêche, école de voile, le rythme d'avitaillement d'un port qui fait encore un métier — posé sur une baie exposée au sud qui prend le soleil du matin avant partout ailleurs sur cette côte. Napoléon l'a choisi pour une raison. Les potiers des collines aussi. Voici comment SOF le lit.

Le matin appartient à l'eau

Le fait qui définit Golfe-Juan, c'est la géométrie. Le golfe s'ouvre au sud-est, entre le cap d'Antibes et les îles de Lérins, ce qui veut dire que le soleil arrive tôt et que l'eau reste calme bien après que le reste de la Riviera a pris le vent. Le port s'éveille lentement. Le premier geste, c'est un café au Newport Café, sur l'avenue des Frères Roustan face au vieux port — une terrasse tournée vers la mer où le petit-déjeuner glisse jusqu'en fin de matinée et où les bateaux entrent et sortent devant vous. C'est l'ancre de la ville, la salle par laquelle tout le monde passe : café et tartine au réveil, pan-bagnat à midi, et la même terrasse qui vire aux cocktails et à la glace quand la lumière tombe.

Pour le registre familial — un cornet, une crêpe, une heure qui ne mène nulle part — La Chancla se trouve quelques portes plus loin sur la même route du port. C'est une crêperie bretonne qui fait aussi glacier, et par un après-midi de chaleur, c'est exactement le bon degré d'effort.

Napoléon a débarqué ici

Le 1er mars 1815, Napoléon mit pied à terre à Golfe-Juan avec environ mille hommes, après s'être échappé de l'île d'Elbe. De cette plage, il entama la marche vers le nord, vers Grenoble et Paris — la route qui deviendra la Route Napoléon, et les Cent-Jours qui s'achevèrent à Waterloo. La stèle du port de Golfe-Juan marque l'endroit. Ce n'est pas un monument grandiose ; c'est un repère discret au bord de l'eau, et cette sobriété est tout l'intérêt. Tenez-vous là à dix heures du matin, les bateaux de pêche derrière vous et le golfe ouvert devant, et la portée de ce qui a commencé sur cette plage ordinaire vous frappe plus fort que n'importe quel piédestal. Ce sont les cinq minutes les plus lourdes de conséquences de la ville, et presque personne ne leur accorde plus qu'un regard.

La plage, une seule, trois façons

Le sable de Golfe-Juan, c'est la plage Pablo Picasso — rebaptisée depuis longtemps de la plage du Soleil, ce qui dit assez ce que les habitants ont toujours su de cette portion de côte. Les plages privées s'y alignent, et l'astuce est de les lire à l'humeur plutôt que de pousser la première porte venue.

  • So Beach est la plus programmée — le club le plus réservé de la baie, avec un calendrier de concerts et des soirées à thème de juillet à août. Venez quand vous voulez que la journée ait une bande-son et que l'apéro tourne en quelque chose.
  • Les Cabines, c'est le registre soigné — le déjeuner de plage privée fait dans les règles, les matelas au cordeau, le service net. C'est le long déjeuner sans hâte, les pieds près de l'eau.
  • Pascalin Plage, c'est l'affaire de famille, soixante ans sur le même sable, et elle porte une autorité tranquille que les clubs plus récents dépensent beaucoup à imiter.

Inutile de choisir à l'avance. Longez le front, lisez la salle, asseyez-vous là où le registre épouse l'heure. Une note pour les nostalgiques : le légendaire Tétou, le temple de la bouillabaisse qui définissait le déjeuner sur cette plage depuis 1948, a fermé et disparu — démoli. Sa place ne reviendra pas, et personne ne l'a vraiment remplacé. On mange bien ici, mais on mange sans ce fantôme.

En haut de la colline, l'argile

À six minutes en voiture au-dessus du port, c'est Vallauris — la même commune que Golfe-Juan, et l'une des plus importantes villes céramistes d'Europe. Picasso s'y installa après la guerre et passa des années à l'atelier Madoura ; la ville tourne des pots depuis. L'atelier Madoura lui-même est fermé jusqu'au printemps 2027 pour une restauration d'ampleur, si bien que le visage vivant de la tradition est la Galerie Aqui Siam Ben, place Lisnard, dans la vieille ville. C'est la galerie de vente d'A.I.R. Vallauris, le programme d'artistes en résidence — pièces uniques et séries limitées de céramistes internationaux qui travaillent dans la ville aujourd'hui. C'est de là que vient le souvenir. Pas un magnet ; une pièce de Vallauris, prolongée de l'ère Picasso par ceux qui la font maintenant. Montez l'après-midi, quand le port a fait son travail et que la colline est à l'ombre.

Bon à savoir

  • Où ça se situe — Golfe-Juan est un point médian : à cinq kilomètres à l'est de Cannes, et de fait soudé à Juan-les-Pins, à 1,5 kilomètre à l'est sur la même route côtière. On marche jusqu'à Juan-les-Pins ; on roule jusqu'à Cannes.
  • Le soir venu — le golfe est un lieu de jour et d'heure dorée. Les plages privées s'éteignent avant minuit et le port se tait tôt. Quand la nuit veut continuer, elle migre vers l'est, à Juan-les-Pins — le Pam Pam, l'institution tiki du boulevard Wilson, est l'ancre tardive du coin depuis les années 1950.
  • Se déplacer — la ligne côtière s'arrête à Golfe-Juan, ce qui met Cannes, Antibes et Nice à portée sans voiture. Le stationnement près du port se remplit en saison ; arrivez tôt ou prenez le train.
  • Le rythme — c'est une ville où l'on entre lentement, pas que l'on conquiert. Un matin sur l'eau, la stèle, un long déjeuner sur le sable Picasso, l'argile l'après-midi. C'est une journée pleine, et bonne.

Golfe-Juan récompense le voyageur qui s'arrête au lieu de passer — qui laisse un port de travail et un golfe pris de soleil donner le tempo.

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