Où manger, boire et dormir à Saint-Jean-Cap-Ferrat — Le guide SOF

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Où manger, boire et dormir à Saint-Jean-Cap-Ferrat — Le guide SOF

Saint-Jean-Cap-Ferrat est la réponse tranquille de la Riviera à tout le bruit qui l'entoure. Une presqu'île verte de pins et de cyprès, longue de trois kilomètres, suspendue entre Villefranche et Beaulieu — assez proche de Nice pour y descendre dîner, assez à l'écart pour que presque personne ne le fasse. Les grandes fortunes ont bâti leurs villas ici précisément parce que le cap garde ses secrets : les maisons que l'on ne devine pas depuis la route, les grilles sans nom, l'argent qui préfère une haie à une manchette. Il n'y a pour ainsi dire pas de vie nocturne, et c'est tout l'intérêt. Le Cap-Ferrat n'est pas l'endroit où la Riviera se donne en spectacle. C'est là qu'elle vient pour qu'on la laisse en paix.

Voici comment SOF le lit.

La forme du lieu

Comprenez la géographie et le reste suit. Le cap est presque une île, et la vie se concentre en trois points.

  • Le village de Saint-Jean — le cœur vivant sur l'isthme oriental : une petite marina, quelques cafés, la boulangerie, le matin. C'est là qu'on achète le pain et qu'on regarde les bateaux, non là qu'on se montre.
  • Les deux rives — et c'est la clé. Un palace garde chacune d'elles. Le Grand-Hôtel du Cap-Ferrat occupe la pointe, tourné vers l'ouest et la mer ouverte. L'Hôtel Royal-Riviera tient le flanc est, au-dessus de la baie de Beaulieu. Ils regardent dans des directions opposées, et choisir entre eux est la décision la plus lourde de conséquences que vous prendrez ici.
  • La taille étroite — où se dresse la Villa Ephrussi de Rothschild, sur la partie la plus mince du cap, la mer des deux côtés, avec les plus beaux jardins de la côte.

On ne visite pas le Cap-Ferrat. On choisit un point d'ancrage et l'on laisse la presqu'île venir à soi.

Les deux palaces

C'est un lieu défini par ses grands hôtels ; choisissez donc en connaissance de cause.

Le Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, un Four Seasons depuis 1908, possède sept hectares de pins à la pointe même. L'atmosphère est grandiose et sans hâte ; l'architecture presque accessoire au décor. En contrebas, taillé dans la falaise en 1939 et accessible uniquement par le funiculaire privé de l'hôtel, le Club Dauphin — la piscine rectangulaire d'eau de mer au-dessus des rochers, les cabanas blanches, le long déjeuner au bord de l'eau qui est l'image la plus photographiée du cap. À l'étage, Le Cap porte une étoile au Michelin, le chef Yoric Tièche déployant un registre provençal sur une terrasse ombragée de pins ; c'est le déjeuner le plus abouti de la presqu'île.

L'Hôtel Royal-Riviera, c'est l'autre tempérament — une grande dame de 1904, restaurée et discrètement modernisée, posée dans deux hectares de jardin de palmiers sur la rive est. Deux piscines, l'une chauffée toute l'année, l'autre d'eau de mer au bord de la baie. La terrasse est bâtie à même les rochers, et La Table du Royal — la cuisine de Geoffroy Szamburski, la baie qui court de la Villa Kérylos jusqu'à Beaulieu — est la raison pour laquelle on reste. En juillet et août, le restaurant de piscine saisonnier de la Pergola ouvre pour le déjeuner ; le reste de l'année, le dîner mène la danse.

Le Grand-Hôtel pour les couchers de soleil et l'horizon ouvert. Le Royal-Riviera pour la lumière du matin et la baie. Aucun des deux n'est un mauvais choix.

Une journée, à la façon SOF

Commencez au village de Saint-Jean, tôt, avant que le cap ne chauffe. Un café en terrasse à La Civette, place Clémenceau — un café depuis 1946, et la seule réponse honnête à la question de savoir où les habitants prennent leur espresso. Récupérez le kit pique-nique à La Boulangerie du Port, la boulangerie de la famille Bonfigli, avenue Jean Mermoz, ouverte dès six heures et demie : pan-bagnat, fougasse, une tarte pour plus tard.

Puis marchez. Le Sentier du Cap-Ferrat déroule cinq kilomètres de sentier en falaise à travers les pins, dévalant vers de petites criques d'eau claire où l'on se baigne — et il reste quasi désert, même au mois d'août. Partez de la chapelle de la Pointe Saint-Hospice et faites le tour dans le sens inverse des aiguilles : la montée y est plus douce. Étalez le pique-nique sur un rocher.

Passez le plein milieu du jour à la Villa Ephrussi de Rothschild. Béatrice de Rothschild fit construire sa maison rose en 1905 et la laissa telle qu'elle y vivait ; les collections sont intéressantes, mais les neuf jardins thématiques sont la raison de venir — parterres à la française, patio espagnol, ruisseau japonais, et des fontaines qui s'animent sur une douce valse Belle Époque toutes les demi-heures. Prenez l'audioguide pour les jardins, pas pour les salons. Vous voudrez le nom des arbres.

Terminez à la Plage de Passable, sur la rive nord, la seule plage du cap tournée vers le couchant. Réservez les transats pour seize heures trente et vous aurez le meilleur de l'après-midi et toute la descente de la lumière sur le même billet — la rade de Villefranche s'ouvrant au nord, le cap se refermant autour de vous au sud, et un rosé plus frais que dans n'importe quel grand club de la côte. Puis un cornet du Glacier du Cap, sur le quai de la marina, emporté jusqu'au bord de l'eau où les yachts amarrés et la pointe ne font plus qu'une seule composition.

La nuit, ou ce qui en tient lieu

Soyez honnête avec vous-même : le Cap-Ferrat ne fait pas les nuits. Pas de club, pas de scène tardive, pas de parade. La seule adresse nocturne avérée de toute la presqu'île est Le Bar, au sein du Grand-Hôtel — une salle aux boiseries de bibliothèque avec terrasse d'été et un pianiste la plupart des soirées, la carte de cocktails Four Seasons, ouverte jusque vers une heure du matin en saison. Prenez la terrasse à l'heure dorée, puis gagnez la bibliothèque après vingt-deux heures, là où la musique donne le ton. Pour davantage, Nice est à vingt minutes à l'ouest et Monaco à quinze à l'est. Mais le voyageur qui a choisi le cap l'a choisi pour le calme. Laissez-vous faire.

Bon à savoir

  • Se déplacer — venez en voiture ou comptez sur les transferts de l'hôtel ; la presqu'île est étendue et le bus rare. Le Parking du Port de Saint-Jean dessert le village et les adresses de la marina.
  • Les hôtels tiennent les accès — le Club Dauphin, Le Cap et Le Bar se trouvent au sein du Grand-Hôtel, après le voiturier (la piscine, par le seul funiculaire). Les deux palaces sont en voiturier obligatoire, sans exception.
  • Réservations — Le Cap une semaine à l'avance ou plus en saison ; les chambres vue mer de l'un ou l'autre hôtel se prennent un mois à l'avance l'été, davantage pour les meilleures. Les cafés du village s'abordent sans réserver.
  • La saison — mai, juin et septembre sont la fenêtre : mer chaude, lumière longue, le cap au plus calme. Les deux grands hôtels ferment une partie de l'hiver ; vérifiez avant une visite hors saison.
  • La tenue — élégante-balnéaire, le lin plutôt que les logos, une veste pour les salles à manger. Un pull pour Passable après huit heures.

Le Cap-Ferrat récompense le voyageur qui veut moins — un seul bon point d'ancrage, une longue marche, un déjeuner sans hâte face à la mer, et la discipline de ne rien faire d'autre.

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