Où manger, boire et dormir à Mougins — Le guide SOF

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Où manger, boire et dormir à Mougins — Le guide SOF

Mougins est la contre-proposition tranquille de la Riviera — un village en colimaçon enroulé autour de sa propre colline, à six kilomètres et un registre de volume entier au-dessus de Cannes. Pas de plage, pas de port, pas de boulevard où les voitures s'éternisent. À la place, ce que la côte avait oublié de désirer : des ruelles de pierre qui ne mènent nulle part en particulier, une vue qui court de l'Estérel aux Alpes, et une réputation culinaire que Roger Vergé a bâtie ici, assiette après assiette, jusqu'à ce que les chefs du monde montent la colline pour l'apprendre. Picasso a passé ses quinze dernières années dans une maison en contrebas et repose à l'ombre du village. Mougins porte tout cela avec légèreté. Venez pour le déjeuner et restez jusqu'à ce que les visiteurs d'un jour s'en aillent et que les arches virent à l'or.

La forme du village

Comprenez Mougins comme deux altitudes et vous l'aurez compris. Il y a le vieux village au sommet — l'anneau médiéval de maisons vu sur chaque photographie, piéton, resserré, bâti en cercle pour la défense et désormais disposé, par heureux hasard, pour la flânerie d'une soirée. Et il y a les plaines en dessous : Notre-Dame-de-Vie, Mougins-les-Hautes, les pentes résidentielles où les bastides se cachent derrière leurs cyprès et où les cuisines sérieuses prennent leurs aises.

Le sommet est assez petit pour s'apprendre en un après-midi. La place du Commandant Lamy en est le cœur — une place à platanes avec sa fontaine, cernée de terrasses, et le coin le plus photographié du village. Tout autour, les ruelles s'éventent : rue de l'Église, rue du Maréchal Foch, rue Commandeur. On se gare en contrebas, au Parking des Écoles ou sous le vieux village, et on monte les dernières minutes à pied. Il n'y a pas d'autre entrée, et c'est précisément l'intérêt.

Ce dont Mougins parle vraiment

De déjeuner. Long, sans hâte, en plein air, le genre qui commence à treize heures et oublie de finir. Le village a construit son identité autour de la table, et c'est toujours là qu'il vit.

Le mythe fondateur, c'est Roger Vergé, qui a ouvert Le Moulin de Mougins dans un ancien moulin à huile à Notre-Dame-de-Vie en 1969 et y a tenu trois étoiles Michelin pendant des décennies, formant une génération qui s'est dispersée dans toutes les grandes cuisines de la planète. L'ère haute cuisine du Moulin est révolue — le bâtiment fonctionne désormais sous le nom de Patio du Moulin de Mougins, méditerranéen accessible plutôt que temple gastronomique. Allez-y pour le pèlerinage et les jardins, pas pour la légende dans l'assiette ; la légende est passée à autre chose. L'autre table de Vergé, L'Amandier de Mougins, a ouvert dans les années 1970 comme la sœur décontractée, place du Commandant Lamy, et tourne encore, école de cuisine comprise — provençal traditionnel, le déjeuner des habitués, la terrasse de la place pleine dès treize heures en saison.

Le dernier chapitre est aussi un retour. Nicolas Decherchi, qui avait fermé son étoilé Paloma en 2019, est revenu en juillet 2025 avec Come Prima, en contrebas avenue Saint-Basile — un registre italien, une terrasse-jardin et, contre toute attente, un terrain de pétanque. Réservez un vendredi : les lumières du jardin s'allument vers vingt heures trente et les convives prennent le terrain. Pour quelque chose de plus jeune et indifférent à l'héritage, le Resto des Arts, rue du Maréchal Foch, est tenu par trois propriétaires du coin qui cuisinent une cuisine méditerranéenne moderne aux accents asiatiques et font tourner la carte tous les deux ou trois mois — appelez la veille et demandez ce qui vient d'arriver.

Et puis il y a La Place de Mougins, sur la place — une façade qui ne livre rien, une salle intime et sûre d'elle, la Provence cuisinée sans esbroufe. Demandez une table en terrasse à vingt heures, quand les visiteurs du jour sont partis et que la lumière fait le travail.

Un musée qui a changé la conversation

Pendant des années, l'ancrage culturel du village fut un musée d'antiquités classiques. Il a fermé en 2023, et ce qui l'a remplacé est bien plus intéressant. FAMM — Femmes Artistes Musée Mougins a ouvert en juin 2024 dans le même bâtiment, rue Commandeur, et c'est le premier musée privé d'Europe entièrement consacré aux femmes artistes. La collection va du moderne au contemporain ; la boutique propose livres d'art et tirages. L'entrée est à seize euros, sans réservation, et de fin juin à septembre il reste ouvert jusqu'à dix-neuf heures — ce qui prépare la soirée mouginoise idéale. Il y a aussi la Galerie d'art Lifetime, place des Mûriers, des œuvres contemporaines dans un bâtiment de pierre du XVIIe siècle, le galeriste généralement présent en personne en fin d'après-midi. L'histoire commerçante de Mougins fut toujours artistique plutôt que mode ; jouez-en.

Quand venir, et la nuit tombée

La vérité honnête sur Mougins : c'est tranquille, et c'est là le luxe. Le village ne s'éveille pas vraiment avant midi — pas de café à l'aube, pas de bar à café de spécialité, et il faut composer avec cela plutôt que contre. Le Rendez-vous de Mougins, sur la place, ouvre vers onze heures trente et capte la lumière de fin de matinée sous les platanes ; c'est votre moment du matin.

De mai à juin et en septembre, le village donne le meilleur de lui-même — terrasses chaudes, lumière douce, l'affluence des excursions allégée. Juillet et août remplissent la place au déjeuner ; arrivez avant treize heures ou réservez. La nuit, Mougins n'en fait qu'à sa tête. La seule adresse qui tienne la ligne est La Cave de Mougins, avenue Jean-Charles Mallet, un bar à vins et une cave en lisière de village, cellier choisi par le patron, planches de charcuterie et de fromage, et une cuisine éclairée jusqu'à minuit. Demandez ce qui vient d'ouvrir au verre — la liste tourne chaque semaine au gré du cellier.

Où dormir

Il n'y a, en vérité, qu'une réponse, et elle est bonne. Le Mas Candille occupe le versant est du village : une bastide devenue Relais & Châteaux depuis 2002, huit hectares de pins et de lavande, des oliviers enracinés dans les murs de pierre, un spa Shiseido taillé dans la roche, et la plus longue piscine de Mougins face à la silhouette alpine. Maison discrètement menée, luxueusement sans hâte — le genre d'endroit où l'on nage avant le déjeuner et où le personnel apporte un espresso au transat sans qu'on l'ait demandé. Réservez un mois à l'avance pour un week-end en saison. C'est tout l'argument de Mougins en une seule adresse : la côte, assez proche pour se sentir ; son bruit, entièrement disparu.

Mougins ne joue pas la comédie. Il attend, et récompense ceux qui montent.

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