Gassin est le village que Saint-Tropez regarde d'en bas. À six kilomètres dans les terres et quelques centaines de mètres plus haut, il se tient sur une arête rocheuse au-dessus du golfe — l'un des Plus Beaux Villages de France officiellement classés, un nœud de ruelles ocre trop étroites pour les voitures, avec toute la baie déployée en contrebas. La plupart des gens passent au pied en filant vers Pampelonne et ne montent jamais. Ceux qui le font trouvent ce que la côte a perdu : le calme. Les vignes descendent les pentes, le golfe scintille à leur extrémité, et la légende d'à côté est assez proche pour s'y rendre et assez loin pour s'oublier.
Voici comment SOF le lit.
La vue, c'est tout le propos
On monte à Gassin pour ce qu'on y voit. Le village est bâti sur une seule échine de roche, et la terrasse du sommet — la Place dei Barri, l'ancien chemin de ronde — vous donne le golfe de Saint-Tropez, les Maures derrière, et par soir clair la silhouette de la presqu'île flottant dans l'or. C'est l'une des grandes adresses de coucher de soleil de la côte, et presque personne au-dehors ne sait qu'il faut s'y tenir à la bonne heure.
La vue définit aussi les tables du village. Bello Visto — le nom le dit — est l'hôtel-restaurant de la Place dei Barri au panorama plein cadre, le genre d'endroit qu'on réserve pour un long déjeuner et qu'on quitte trois heures plus tard. Quelques pas plus loin, Le Micocoulier pose sa terrasse sur la Place des Barrys, sous le vieux micocoulier qui donne son nom au lieu, la baie au pied des assiettes. Et quand la chaleur monte, le bon geste, c'est une glace du Glacier Le Saint-Laurent dégustée lentement sur le rempart, tout le golfe en guise de spectacle.
Le village, à pied
Gassin se marche, ne se conduit pas — laissez la voiture au pied et grimpez. Vingt minutes pour le voir, une matinée pour le ressentir. Les ruelles sont volontairement serrées ; l'une, l'Androuno, passe pour l'une des plus étroites de France, à peine une épaule de large. Elles s'ouvrent sans prévenir sur la Place Hannibal et les placettes où le village vit vraiment — une fontaine, un banc, un chat, la lumière qui glisse de biais sur la pierre.
Commencez la matinée comme il faut, la montée dans les jambes et le pain à la main. La Boulangerie Marc Antoine, en bas au pied du village sur la route qui monte, est l'arrêt à ne pas manquer ; portez la viennoiserie jusqu'à une placette et laissez la vue faire le reste. Pas de musée à cocher ici, pas de monument où faire la queue. Le village est la visite — la pierre, les vignes, le silence, la baie.
Le vignoble sur le pas de la porte
Gassin, c'est les Côtes de Provence, et les vignobles ne sont pas une excursion — ils commencent là où s'arrêtent les maisons. Le Château Minuty se tient au Quartier Minuty, juste sous le village, l'un des domaines nommés de l'appellation et l'un des rosés que la côte boit vraiment ; le verre que vous commandez sur une plage de Pampelonne a très probablement poussé sur ce coteau. En contrebas, au Quartier Bertaud, le Domaine Bertaud Belieu est le domaine historique, ses vignes courant vers le golfe.
Pour le long déjeuner qui relie tout, c'est La Verdoyante. Posée sur le Chemin de Coste Brigade, au flanc du coteau viticole au-dessus du village, c'est une table provençale au milieu des rangs — ce repas sans hâte, nourri par la vue, qui est la raison même d'être dans les terres plutôt que sur le sable. Accordez le rosé à l'après-midi le plus lent que vous saurez arranger.
Une journée, à la façon SOF
Débutez au pied du village avec une viennoiserie de chez Marc Antoine, puis grimpez dans les ruelles encore vides avant que la journée chauffe — l'Androuno, la Place Hannibal, le rempart du sommet avec le golfe qui s'éveille. Passez les heures claires dans les vignes : une dégustation au Château Minuty ou au Domaine Bertaud Belieu, puis un long déjeuner tardif au coteau, à La Verdoyante, le rosé sur glace, l'après-midi qui ne mène nulle part.
Quand la chaleur s'adoucit, descendez vers l'eau. La Bouillabaisse Beach Club se trouve sur la Plage de la Bouillabaisse, à l'entrée même du golfe de Saint-Tropez — assez près du village pour être la baignade naturelle, assez loin de la cohue du port pour garder son calme. Une baignade, un transat, la mer qui vire au cuivre. Puis on remonte la colline à la tombée du jour : un apéro et un dîner avec le panorama à Bello Visto ou au Micocoulier, la baie en contrebas allumant ses lumières une à une. Saint-Tropez est à vingt minutes si vous voulez le spectacle. La plupart des soirs, d'ici-haut, vous n'en aurez pas envie.
Bon à savoir
- Se déplacer — Gassin est un village perché ; on y va en voiture et on le parcourt à pied. Laissez la voiture dans les parkings du pied et grimpez. La route côtière en contrebas est la même qui sature pour Saint-Tropez en saison — prévoyez du temps.
- Le golfe, vite — pour la plage et l'entrée de Saint-Tropez, visez le côté Plage de la Bouillabaisse ; Gustaveur, du côté de la RD 98a au Quartier Malleribes à l'entrée du golfe, est l'arrêt commode sur le chemin de la descente.
- Quand venir — mai, juin et septembre sont la fenêtre : vignes vertes, terrasses ouvertes, village calme, coucher de soleil long. Juillet et août portent le golfe à plein volume ; le village reste plus tranquille que la côte, mais réservez les tables à vue à l'avance.
- Réservations — les tables panoramiques de Bello Visto et du Micocoulier, et le déjeuner à La Verdoyante, se remplissent les soirs d'été. Un appel à l'avance vaut le coup pour la place avec la baie dedans.
- La tenue — décontractée-village. Lin, chaussures plates pour les ruelles, une épaisseur pour la fraîcheur du soir en hauteur. Ce n'est pas un endroit qui vous demande de jouer un rôle.
Gassin récompense le voyageur qui grimpe — qui voit la côte comme la vue, non la destination, et reste pour le calme du sommet.








